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Le chêne siffleur raconte plus de 200 ans d'histoire avec les oiseaux

© Tree of the year

Un arbre siffleur lauréat du concours de « l’Arbre européen de l’année ». Voilà un bon modèle pour inverser la tendance à la baisse des populations d’oiseaux.

Les populations d’oiseaux en milieu rural en France ont atteint « un niveau proche de la catastrophe écologique ». Ce constat alarmant, diffusé le 20 mars, est celui du CNRS, le Centre national de la recherche scientifique, et du Muséum d’histoire naturelle.  Les deux organismes scientifiques s’appuient sur deux études, dont l’une en cours depuis 1994. Et ils en ont la certitude : ça chante de moins en moins dans les campagnes françaises.

Moins d’insectes, moins de plantes sauvages et donc moins de graines, moins d’arbres pour la nourriture et les abris… Les oiseaux disparaissent et c’est la biodiversité qui est menacée. Il est grand temps de réagir alertent les spécialistes.

Et la situation n’est pas bien meilleure dans l’ensemble de l’Europe. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède tentent, par des aménagements de pratiques agricoles, de faire évoluer la tendance sans arriver pour autant à l’inverser. Les changements absolument nécessaires sont donc à venir. Si la prise de conscience est massive, la situation n’est peut-être pas irréversible.

Certains signes, parfois, laissent penser que l'espoir est permis. Ecoutez plutôt l’histoire de ce chêne liège que l’on dit siffleur car une multitude d’oiseaux y chantent. Et il en a vu passer. Planté en 1783 à Aguas de Moura au Portugal, l’arbre est âgé de près de 235 ans. Le sujet remarquable figure au Guiness Book des Records pour être « le plus gros chêne liège du monde » et est classé « arbre d’intérêt public » depuis 1988. En 2018, il vient d’être élu « Arbre européen de l’année ». La remise des prix a eu lieu ce 21 mars à Bruxelles, à l’occasion de la Journée internationale des forêts.

Le chêne bicentenaire ne se contente pas d’être l’ami des oiseaux. Il apporte également son tribut à l’économie de son pays. Déjà plus de 20 fois au cours de sa vie, son écorce a été récoltée pour fournir le liège. Bien sûr, la région d’Alentejo a été propice à sa culture. Le chêne liège, qui apporte sa contribution aux écosystèmes et à une activité industrielle pérenne, est d’ailleurs, depuis 2011, « l’arbre national du Portugal ».

La France n’a pas d’arbre national ni de gagnant parmi les 12 autres lauréats du concours de « l’Arbre européen de l’année ». Mais elle a plein d’arbres siffleurs qu’il est urgent de préserver.

 


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