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Un verre de muscadet, monsieur le Président ?

© Patrick Cronenberger

Alors que se déroule le Salon des Vins de Loire, le muscadet se lance dans une opération séduction. Les choses bougent dans les vignes du côté de Clisson et l’appellation entend le faire savoir. Jusqu’à l’Elysée.

C’est la grande effervescence au Parc des expositions d’Angers où se tient cette semaine la 32e édition du Salon des Vins de Loire (1).

La région compte au total 85 appellations d’origine et indications géographiques protégées (IGP). Une diversité qui se décline en rouge, rosé et blancs secs ou moëlleux. Des vins dits tranquilles parce qu’ils ne pétillent pas ou des vins que l’on apprécie pour leurs fines bulles. Bref, le rendez-vous angevin est incontournable pour toutes les appellations ligériennes, nom hérité du temps où la Loire s’appelait Liger en latin.

Dans l’esprit des consommateurs, les vins d’Anjou et de Saumur ou encore les vins de Touraine figurent en bonne place. Pour n’en citer que quelques-uns, les coteaux du Layon, saumur champigny, bourgueil ou chinon, jouissent d’une belle réputation.  En revanche, les vins de Nantes sont souvent un peu à la traîne dans l’inconscient collectif des amateurs de vins. On ne sort pas forcément les coupes en cristal pour un gros-plant du pays nantais et le muscadet, lui aussi, a une étiquette de " vin pas cher pour aller avec les fruits de mer " qui lui colle à la bouteille.

Pourtant le vignoble nantais évolue et sa gamme se structure. Depuis 2011, trois appellations communales ont été reconnues et quatre le seront en 2018. Ces appellations spécifiques correspondent à des sols moins profonds, plus rocailleux, et à des durées d’élevage de 24 mois minimum au lieu d’un an, a détaillé François Robin, porte-parole de la Fédération des vins de Nantes, au salon des vins de Loire le 5 février. Autant de démarches qualité pour contrer l’image de manque d’authenticité et de diversité du muscadet. La confiance de la profession tient aussi à « une génération de vignerons trentenaires ou quadras qui reviennent au vignoble après s’être enrichis à l’extérieur » a confié François Robin. Désormais l'espoir repose sur des maisons de négoce qui, demain, « emmèneront le muscadet à l’export ».

Un élu ambassadeur

En attendant, le rêve concerne aussi le marché français. Car une opération de promotion vient d’être menée en très haut lieu.

Patrick Baleydier, maire de Mouzillon dans le vignoble nantais, a décidé de jouer les ambassadeurs. Pour cela il a tapé fort, à la porte de l’Elysée. L’idée lui est venue au repas du congrès des maires de France au palais présidentiel, le 22 novembre 2017. Ce soir-là, l’élu se présente à Emmanuel Macron en mettant en avant son attachement au vignoble de Loire-Atlantique. Quelques jours après, c’est par courrier qu’il explique au président pourquoi ces vins nantais auraient pu avoir leur place à la réception du Faubourg Saint-Honoré. C’est ainsi que, le 23 janvier, 12 échantillons de crus communaux prennent le chemin de la capitale. De l’élixir haut de gamme destiné à séduire le caviste de l’Elysée et peut-être le couple présidentiel. Ce serait une première dans l’histoire du muscadet.

(1) 5 et 6 février 2018.

Lire aussi article dans Ouest France.

 

 


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