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Les robots avancent dans les vignes

Celui-là est jaune. Pour le moment, il tond l’herbe. Mais des capteurs, des caméras et un bras articulé pourraient permettre à ce robot de faire beaucoup plus. Bienvenue dans l'ère de la viticulture connectée.

« Le vignoble à l’ère des nouvelles technologies : bienvenue dans l’ère de la viticulture connectée », c’est le titre du dossier Terres de Cognac de mars-avril 2018, réalisé par Fabienne Lebon. Le magazine consacre 9 pages à ces nouvelles technologies. Lunettes connectées, drone, capteurs en tout genre et la star des innovations : le robot.

Certains doivent encore faire leurs preuves. Le robot « Myce » de Wall-Ye n’a pas réussi à tailler les vignes charentaises et les viticulteurs n'ont pas été séduits.

En revanche, Vitirover semble promis à un bel avenir dans le vignoble. Inspirée des robots-tondeuses à gazon, la machine se montre très adaptée à la coupe de l’herbe entre les rangs sans abîmer les pieds de vigne. Une aubaine pour faire évoluer les pratiques culturales. A l’heure où le glyphosate est en disgrâce, le robot tondeur tombe à pic pour proposer une alternative de désherbage sans pesticide.

Pour sa tondeuse robotisée, Arnaud de la Fouchardière, le directeur de l’entreprise, a même imaginé une « prestation complète d’entretien ». Une démarche où le technicien devient une sorte de « berger » qui supervise un troupeau de robots high-tech. Sauf qu'ici, le poil laineux est remplacé par des panneaux solaires et l'image bucolique de la cabane en alpage par un poste de pilotage numérique aménagé dans un camion.

Et le projet ne s’arrête pas là. Dans « Terres de Cognac », le chef d’entreprise livre ses nouvelles ambitions avec une future version « big data » du robot viticole. Winner, nom que porte ce prototype en toute modestie, sera un Vitirover équipé de caméras et de capteurs. Avec son harnachement, le robot pourra mesurer et récolter des données porteuses d’informations utiles pour sentir la vigueur de la vigne, connaître les zones à risque de gel ou de stress hydrique... L'intérêt est de mieux connaître les parcelles et donc les véritables besoins de la vigne.  Il sera également possible de surveiller l’évolution des populations d’insectes comme la cicadelle qui peut transmettre la maladie de la flavescence dorée. Objectif : réduire l’utilisation des pesticides.

Autre développement en cours : Grape, comme Ground Robot for vineyArd monitoring and ProtEction. Un robot doté d’un bras chargé de distribuer automatiquement des pièges à phéromones. La méthode dite de confusion sexuelle existe depuis de nombreuses années pour lutter contre les vers de la grappe qui attaquent les raisins. Elle consiste à propager des phéromones femelles en grande quantité et à perturber les papillons mâles dans leur quête de compagnes de l’autre sexe. Dans le scénario, il ne manquait que des robots. Et les petits automates jaunes arrivent. Ouvrons l’œil, dans les vignes du côté de Cognac et ailleurs.

Voir aussi reportage sur France 24.

Voir aussi Robotique - Les viticulteurs chargent la mule.

 

© Axe-environnement / Sylvie Monin - archives

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