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La chasse aux pesticides présents dans l’air est ouverte

© Marie-Annick Carré

Quel air respire-t-on en bordure de champ cultivé ? On va bientôt en savoir un peu plus. La surveillance de la qualité de l’air intègre désormais une nouvelle donnée : les résidus de pesticides. Une campagne vient d’être lancée pour mieux connaître l’exposition de la population sur le territoire national. 80 substances sont dans le viseur.

Bonne nouvelle sur le front de la qualité de l’air : ce 25 juin, démarre la campagne exploratoire nationale de mesure des résidus de pesticides dans l’air. C’est l’Atmo France, qui fédère plusieurs associations de surveillance de la qualité de l’air, qui l’annonce.

Cette phase exploratoire va durer un an. 80 substances vont être recherchées sur 50 sites de mesures, en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer. Au total environ 1500 échantillons vont être analysés. Différents types d’environnement seront représentés. Pour les zones d’habitation, les sites seront à 52 % urbains/périurbains et à 42 % ruraux. Pour les sites de production agricole, un large panel sera représenté : 40 % de grandes cultures, 22 % de vignes, 22 % d’arboriculture, 14 % de maraîchage et 6 % d’élevage. 1 à 6 sites par région ont été retenus pour représenter les différentes situations d’exposition aux pesticides dans l’air. Les substances ciblées entrent dans la composition de produits phytosanitaires, de certains biocides, de médicaments vétérinaires et d’antiparasitaires à usage humain.

Ce dispositif s’inscrit et est financé dans le cadre de l’enquête de phytopharmacovigilance mise en place par l’Anses (1) depuis 2015. L’ensemble des substances surveillées sont classées par ordre de priorité par l’agence, sur la base des caractéristiques de danger et de critères d’utilisation, d’émission et de persistance dans l’air.

Ces données permettront d'établir des comparaisons avec celles recueillies dans le cadre d'études spécifiques, visant à évaluer l'exposition de populations vivant à proximité des sources d'émission de pesticides. Une étude sur l'exposition aux pesticides des riverains en zones agricoles doit notamment être menée prochainement par l'Anses et Santé publique France.

Les données collectées viendront alimenter la base nationale de data sur la qualité de l'air « Geod’air » et contribueront à établir un premier état des lieux des niveaux de contamination en résidus de pesticides dans l'air ambiant.

L’objectif de cette première campagne est de mieux connaître les pesticides présents dans l’air ambiant et d’évaluer le risque d’exposition sur le territoire national. A terme, l’étude doit permettre de définir une stratégie de surveillance des pesticides dans l’air.

Observer, recenser, surveiller. Première étape nécessaire avant de pouvoir viser la seconde : améliorer. Respirez, la qualité de l’air est devenue une vraie préoccupation nationale.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.


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