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Des petits signes de résistance des terres agricoles ?

© Gabriel Omnès - archives

Les terres agricoles commenceraient-elles à peser dans les projets d'urbanisation ? Leur grignotage commence à remuer les médias... et peut-être les esprits.

26 m2 par seconde, c’est la surface de terre agricole qui disparaîtrait chaque seconde. Un chiffre galopant et un constat qui faisait partie de l’inventaire dressé par Nicola Hulot, le 28 août, au moment où il a annoncé sa démission du gouvernement. « Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d’arrêter l’artificialisation des sols ? La réponse est non », tempêtait-il.

Pourtant, un petit pas – en arrière – a été franchi cette semaine, qui satisfait sans doute l’ancien ministre. Le projet d’autoroute A45, entre Lyon et Saint-Etienne, vient d’être abandonné. Le gouvernement n’a pas signé. Au nombre des raisons évoquées pour cette décision, la ministre des Transports évoque « le prélèvement de terres agricoles, l’impact environnemental », relate Le Point.

La semaine dernière, c’est la ZPNAF de Saclay qui faisait l’actualité. Ce sigle imprononçable est beaucoup plus clair en version déployée : zone de protection naturelle, agricole et forestière. La zone de 4115 ha a été créée, il y a huit ans, pour compenser le gigantesque projet urbain prévu sur ce plateau de l’Essone situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Une façon d’essayer de préserver un peu d’espace naturel et de terres agricoles. Le 11 octobre, en signant une charte, l’Etat s’est engagé sur une surface de 2469 ha qui seront consacrés exclusivement aux activités agricoles. Agriculteurs et associations restent très vigilants et accueillent très prudemment cette nouvelle qui ne dissipe pas toutes leurs craintes. Certains n’y voient qu’une vaste opération de communication.

Pourtant, les terres agricoles ne semblent plus décidées à se laisser grignoter en silence. La réflexion s’engage. Il est temps. « Tous les sept ans, l’équivalent de la surface d’un département français disparaît, mangé par l’urbanisation, mangé par des projets d’infrastructure », dénonçait un certain François de Rugy en 2016, se basant sur une étude du Ministère de l’agriculture de 2010. Désormais aux commandes du ministère de la Transition écologique et solidaire, il est au bon poste pour inverser la tendance d'un compteur qui défile très vite. 


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